Un peu d’histoire.

Tout d’abord, un bref rappel de l’histoire récente.

Arrivée sur le marché à la fin de la deuxième guerre mondiale, la palette s’est peu à peu imposée comme outil de manutention incontournable dans les pays industrialisés.
Au fil des ans des standards sont apparus, des normes internationales ont été créées. Le début des années 2010 met en évidence une nouvelle évolution importante dans l’utilisation des palettes.

La palette de manutention, objet banal.

Jusque dans un passé récent, la palette était considérée comme un objet. Un objet banal, souvent qualifié de « mal nécessaire », qu’un utilisateur achetait à un fabricant selon des critères  relevant des habitudes sans qu’on se pose la question de la raison pour laquelle on achetait tel ou tel type de palette plutôt qu’un autre. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

La palette « objet » a fait place au « service palette ».

Avec la fin des trente glorieuses et les exigences toujours plus pressantes de réduction des coûts, la palette est devenue digne d’intérêt. La première réaction a été de chercher à se se débarrasser de cet objet générateur de dépenses et dont l’utilité n’était pas perçue comme vitale.
Très rapidement, le caractère indispensable de cet outil de manutention a été avéré. Au delà du simple prix d’achat, les logisticiens ont commencé à prendre en compte le rapport coût/efficacité de cet outil de manutention. Le développement de la gestion des risques a souligné la nécessité de s’intéresser à la palette, ce « non objet » dont la présence est ignorée mais dont l’absence peut entraîner de graves conséquences sur l’activité d’une entreprise : la rupture d’une palette sous-dimensionnée par rapport à la charge qu’elle transporte entraînera un arrêt de la chaîne automatisée avec la nécessité d’intervention humaine pour  dégager et remettre en fonction le convoyeur, et par voie de conséquence des retards en cascade sur toute l’activité de l’entrepôt. Dans certains cas, heureusement rares, la sécurité du personnel peut être mise en jeu, notamment en cas de transfert d’une palette élinguée au moyen d’une grue.

Dans les années 80, différentes solutions apparaissent. La palette sur mesures à usage unique (dite « perdue ») perd progessivement sa place de leader au profit des palettes réutilisables. La première palette réutilisable avait été créée en 1954 à l’initiative des chemins de fer réunis au sein de l’UIC qui avaient à l’époque créé le « pool européen des palettes », chargé de gérer la « palette Europe » de dimensions standardisée adaptée à la taille des wagons de chemins de fer. Cette création était une petite révolution car, pour la première fois, elle permettait à un wagon de marchandises chargé à l’extrème est de l’Europe de transiter jusqu’à l’extrême ouest et inversement sans qu’on soit obligé de dépalettiser au passage des frontières.

Le format 80 cm x 120 cm demeure à ce jour le plus utilisé en Europe, avec différentes variantes. En 2001, une norme européenne la NF EN 13698 a consacré ce format auparavant standardisé par un document des chemins de fer, la « fiche UIC 435-2″.
A noter que, s’il est le plus répandu, le format 80 x 120 est loin d’être le seul.

On trouve aujourd’hui plusieurs sortes de palettes, de différents types, à usage unique ou réutilisables, en différents matériaux, normalisées ou non ainsi que différents modes de gestion divers.

La palette à usage unique appelée aussi improprement « palette perdue » est conçue pour être utilisée une fois pour le transport d’une charge donnée. La plupart de ces palettes sont reconditionnées après leur première utilisation avec réparation éventuelle pour être remises sur le marché.

La palette réutilisable, elle, comme son nom l’indique est conçue pour être utilisée plusieurs fois pour transporter une charge définie par ses caractéristiques.
Parmi les palettes réutilisables on trouve

– Les palettes appartenant à un utilisateur qui souhaite gérer le parc qui lui est propre. Clairement identifiées, elles font l’objet, après chaque voyage, d’un reconditionnement consistant à les trier en trois catégories : réutilisables en l’état, réutilisables après réparation et non réparable, à recycler par broyage. Les opérations de reconditionnement peuvent être effectuées par l’entreprise propriétaire des palettes elle-même ou externalisées auprès d’une entreprise spécialisée dans le reconditionnement. Compte tenu des nombreuses obligations auxquelles sont soumis les sites de stockage et de reconditionnement de palettes, cette dernière option tend à devenir la règle.

– Les palettes dite « d’échange ».
A la différence des palettes d’un parc dont l’utilisateur est propriétaire, ces palettes sont échangées au cours de leur vie contre des palettes équivalentes, chaque échange incluant un transfert de propriété. Les caractéristiques de ces palettes échangeables sont définies par un cahier des charges précis tant pour la fabrication que pour la réparation. Le principe étant l’échange nombre pour nombre de  palettes répondant à des critères définis permettant d’assurer qu’elles sont aptes à transporter la charge définie en toute sécurité.

La plus répandue de ces palettes échangeables est la palette Europe, de dimensions 80 cm x 120 cm. Pour assurer une qualité homogène à ce parc (on parle de « pool ouvert »), les palettes sont identifiées par des marques déposées, dont l’utilisation est réservée aux entreprises titulaires d’une licence accordée par l’organisme propriétaire de la marque.  Après le sigle « EUR », c’est maintenant la marque « EPAL », déposée par l’association de droit allemand  « European Pallet Association » qui

 

Ainsi, avant d’élaborer un cahier des charges, l’entreprise utilisatrice aura tout intérêt à établir un état de besoin réel.

Après avoir clairement exprimé son besoin, avec l’aide éventuelle d’un cabinet spécialisé, l’entreprise pourra aborder l’analyse fonctionnelle. A l’issue de cette étape, elle sera apte à choisir le type de service optimal adapté à son besoin, en ayant pris en compte tous les critères, en leur ayant attribué des priorités. Il lui restera alors à choisir parmi différentes possibilités.

Location ou achat ?
Gestion du parc de palettes externalisée ou non ?
Palettes neuves ou reconditionnées ?
Palettes normalisées ou sur mesures ?
Palettes en bois, plastique, carton ou métallique ?

Autant le dire d’emblée, il n’existe pas de solution parfaite universelle adaptée à tous les besoins. Cependant dans la plupart des cas, si la démarche a été suivie étape par étape, le choix final ne comprendra que deux ou trois options.